L’aérodynamisme et la vitesse

Après le poids brut du véhicule, la résistance de l’air (ou traînée aérodynamique) est le second facteur responsable de la consommation d’énergie d’un véhicule. L’amplitude de cette résistance est influencée par la forme du véhicule, sa surface frontale et sa vitesse de déplacement. Plus la surface frontale d’un véhicule est grande, plus la traînée aérodynamique sera grande. Lors de l’achat d’un nouveau véhicule ou de ses composantes utilitaires, il est important de rechercher une forme aérodynamique bien pensée. Tout ce qui dépasse d’un véhicule, qui interrompt l’uniformité de la carrosserie ou qui crée un vide d’air peut accroître la résistance de l’air.

Figure 2 : Postes de dépense énergétique en fonction de la vitesse (Source : l’image et les tests sont la propriété de Tesla Motors Inc., s.d.)

La Figure 2 présente les postes de dépense énergétique en fonction de la vitesse. Lorsqu’un véhicule opère en dessous de 70 à 75 km/h il est dans sa plage de vitesse la moins économique au niveau de la consommation de carburant. Dépassé 75 à 80 km/h, la consommation diminue jusqu’à 90 à 100 km/h et remonte lorsqu’une vitesse de plus de 100 km/h est atteinte. Il est à noter que la plupart des véhicules municipaux opèrent dans des plages de vitesse inférieures à 65 km/h (40 mph) et dépensent donc la majorité de leur énergie en efforts de roulement. Ce graphique ne présente pas la consommation d’énergie liée aux accessoires, alors qu’elle est parfois prédominante pour certains véhicules municipaux.


Ces mesures sont possibles au niveau de l’aérodynamisme :

– Utilisation de dispositifs aérodynamiques complémentaires

Il existe une variété d’accessoires complémentaires qui peuvent améliorer grandement l’aérodynamisme des véhicules comme les carénages (incluant les carénages latéraux), les déflecteurs de cabine et les garde-boue. Par exemple, l’ajout d’un déflecteur de toit complet qui correspond à la hauteur de la remorque peut réduire la résistance de 15 %. À l’opposé, la présence de phares ou de klaxons additionnels accroît la résistance, à moins qu’ils ne soient encastrés ou carénés. L’espace entre le tracteur et la remorque peut également produire beaucoup de résistance. Pour réduire la résistance au minimum, cet espace doit être le plus court possible. Au-delà d’une distance de 76 cm (30 pouces), chaque tranche de 25 cm (10 pouces) de plus accroît la résistance d’environ 2 %.

Des études ont confirmé le potentiel de dispositifs aérodynamiques ajoutés tels les déflecteurs arrière et les jupes de remorque. Elles ont démontré des améliorations de la consommation allant jusqu’à 5,6 et 7,2 %, respectivement (FPInnovations, 2008).

– Diminution de la vitesse

En plus des dispositifs aérodynamiques ajoutés et intégrés, il existe des pratiques simples, demandant peu ou pas d’investissement, qui peuvent apporter des économies considérables de carburant. L’approche la plus facile et la plus rentable pour réduire la traînée aérodynamique et augmenter le rendement en carburant est la réduction de la vitesse sur la route. Une vitesse excessive exige du moteur une plus grande puissance à cause de l’importante résistance opposée par l’air. Cela augmente énormément la consommation de carburant.

Outils mis à la disposition des municipalités :

Comme pour le poids du véhicule, l’outil principal dont disposent les gestionnaires municipaux est la spécification technique du véhicule. Cependant il est toujours possible de mettre à niveau ses véhicules par l’ajout de systèmes en après-vente. Le MTQ a mis en place une subvention spécifique dans le transport routier, ferroviaire et maritime couvrant une partie des frais de certains de ces systèmes. Il s’agit du Programme d’aide gouvernementale à l’amélioration de l’efficacité énergétique dans le transport routier, ferroviaire et maritime (PEET). Une liste des technologies subventionnées se retrouve sur leur site Internet.

Les gestionnaires peuvent également choisir d’adopter des règlements spécifiques quant aux vitesses limites suivant leurs besoins et plus particulièrement si les cycles de travail des véhicules y sont favorables.

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Frédéric Faulconnier
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Président Pierre Girard
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Chercheur sénior, ing. Steve Mercier
Steve Mercier
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